Les mystérieuses cités dŽor
Aaaah, aaah, aaah, aaaah ! Carole et Daviiiiiiid, la pluie, les cités d´oooooor !!!
Bonjour mes chers enfants du soleil, nous sommes de retour après quatre jours de randonnée dans les montagnes, à travers la jungle tropicale, sous la pluie, dans la bonne humeur qui caractérise les fêtes de Noël. J´ai pris beaucoup de plaisir à lire vos commentaires chaleureux (on en a bien besoin ici) et je vous en remercie. Tout d´abord, pour répondre à Camille, nous avons enquêté auprès des Péruviens et je tiens à apporter une rectification : ce n´est pas la dinde de noël qu´ils dégustent à la sauce au chocolat, mais un cuy (sorte de gros cochon d´Inde, et non pas dinde). En ce qui concerne la photo avec les bonnets de Noël, ce ne fut pas facile, mais nous avons relevé le défi. Je l´ai même gardé toute la journée ! J´ai appris aussi que Béné et Francisco avaient quitté Barcelone pour rentrer en France. Bonne nouvelle pour vous, c´est dommage pour nous, on aurait pu se retrouver là-bas en février... Et merci aussi à, Martine (je t´assure que je protège Carole des cafard autant que je peux), Adeline, Danilo, Concon (que je reconnais toujours malgré ses changement de pseudonymes), papa, maman, les frangins et Teddy (qui me fera toujours autant rire). Merci ! Voilà, ça c´est fait....
Je commence donc mon histoire maintenant. Je vous préviens ça va être long. Eteignez le gaz, prévoyez du pop corn, je vous laisse deux minutes pour un pipi...Top ! Départ le 23 décembre, levés à 6h du matin pour une journée qui s´avérera être trèèèèèèes longue. Le bus qui devait nous prendre à 7h arrive à 8h. C´est pas grave. Première nouvelle : nous ne serons que 5 dans le groupe. On rencontre notre premier compagnon de route, Jeff, un Canadien (anglophone) de 31 ans ainsi que notre guide, dont je n´ai pas compris le nom et que j´ai appelé "amigo" toute la semaine. Le bus fait 50m et s´arrête. On poireaute 20mins, et enfin arrivent les deux autres participants. Deuxième nouvelle : déception, ce ne sont pas les allemandes tant attendues, mais deux Hollandais, Pieter et Renze, respectivement 24 et 23 ans. Les allemandes ont annulé. C´est pas grave, un bon groupe de jeunes, on va bien se marrer. Le bus fait 500m et s´arrête de nouveau. Après 3/4 d´heure d´attente, on demande au guide ce qui se passe. "On essaye de trouver un cuisinier et de convaincre 5 porteurs de quitter leurs familles pour Noël" nous répond-il, tout sourire. Quoi ??????? C´est pas encore fait ?!?!?!?! Carole et moi on gueule (on est les seuls à parler espagnol, du coup on traduit pour les autres). Ça commence bien, organisation à deux balles. Le pauvre guide reçoit une pluie de protestations et remontrances en tout genres. On attend. Deux porteurs montent, ainsi que le cuisinier (qui a eu juste le temps de faire quelques courses) et on repart. Il est 10 heures. On est debout depuis 6h du matin pour rien. Sur le chemin on prend trois autres porteurs qui sont loin d´avoir le sourire aux lèvres.
Ça c´était pour la partie galère. Le reste de la journée s´est super bien déroulée. On s´est arrêté dans un
petit village très mignon et le bus nous a déposé au km 82, point de départ de la randonnée. On déjeune tous ensemble, l´ambiance se détend, on est parti ! Petite marche de 2h30 le long d´une rivière. On s´arrête pour voir quelques ruines Inca. Le guide nous explique les différences entre les maisons du petit peuple et les temples (les pierres des temples sont mieux taillées et polies, quasiment pas de joint visible, un véritable travail d´orfèvre). Sur le chemin, les porteurs qui avaient fait la vaisselle et démonté les tentes, nous doublent au pas de course avec leurs 20kg de charge sur le dos, malgré leur mètre 60 de haut. Le porteur le plus vieux devait avoir près de 50ans. Quand on arrive au campement, ils on déjà monté les tentes, et s´affairent à préparer le dîner. Quelle santé ! Honnêtement, ça fait bizarre d´être servi et d´être traités comme des rois par ces porteurs recrutés à la dernière minute alors qu´ils seraient bien mieux avec leurs familles pour Noël. J´espère qu´ils sont bien payés, mais j´en doute. On fait donc plus ample connaissance avec nos Hollandais et Canadien autour d´une partie de poker. La pluie ne se manifeste qu´au moment de dormir.
Deuxième jour, le 24 décembre. Le guide nous avait prévenu, c´est la journée la plus longue (12kms) et la plus difficile. De plus on se rend compte qu´avec le retard du premier jour, on a pas du tout dormi à l´endroit prévu et que le chemin va se rallonger un peu. Réveil à 5h, maté de feuilles de coca servi dans la tente pour nous réchauffer et petit déjeuner solide. Je sens que mon ventre gargouille, je ne me sens pas trop bien et j´avale difficilement quelques tartines. On visite encore quelques ruines et la pente commence à forcir. Il se met à pleuvoir à midi et le pente se corse encore un peu plus. Je sens que j´aurais pu me passer de mon gros sac et ses 10kg de tee-shirt de rechange, de chaussettes, de caleçons et autres pantalons superflus et puer pour les 3 jours à venir. De toute façon, il n´y a pas de douche sur le chemin, pas avant notre retour à Cusco...
Malgré tout, c´est vraiment le pied. Le paysage est magnifique avec ses montagnes, les ruines Incas, les orchidées et la rivière... mais c´est dur ! C´est super dur ! Je n´ai jamais avancé aussi lentement de ma vie. Ça n´en finit pas de monter. Quand ce n´est pas un chemin boueux, ce sont des marches hautes en pierres inégales. Moralement c´est dur. Je pensais ne jamais arriver en haut. Une fois en haut, il fait froid, il pleut et...il faut redescendre bien sûr ! Encore 1h30 de descente sur l´autre flanc. C´est quasiment plus dur que l´ascension, il ne faut pas déraper sur les pierres mouillées, donc glissantes, sauter de marche en marche, le tout avec 10kg sur le dos et un poncho trempé. Enfin le campement et les porteurs (qui nous ont bien sûr dépassé dans la montagne, en sandales) qui ont dressé les tentes et préparé un bon maté de coca bien chaud. Pour la petite histoire, le guide avait "oublié" de mentionner l´emplacement de nos tentes, et Carole à tourné une heure sur le site gigantesque parsemé de tentes des différentes agences avant de trouver un porteur qui lui indique le chemin. J´en avais personellement rencontré un en arrivant, ce qui m´avait évité le même sort. Il faut dire qu´il y avait en tout une centaine de touristes et autant de porteurs. Le soir, bon repas chaud (je suis content de trouver mes vêtements secs), poker et on sort les bonnets de Noël.
Troisième jour, le 25 décembre. Noël. Levés à 6h avec le traditionnel maté de coca dans la tente. Au programme 16 kms et pas mal de ruines à visiter. Il pleut. Joyeux Noël ! J´avoue que je ne fais pas le mariole dans la montagne avec mon bonnet de Père Noël mais je fais le maximum pour garder le sourire. C´est toujours aussi beau et je ne peux m´empêcher de me sentir privilégié de faire partie de cette aventure. Après le déjeuner, on attaque la jungle. Super expérience. On est un peu à l´abri de la pluie avec l´épais feuillage, on voit des animaux (principalement des insectes) mais malheureusement pas d´ours qu´on trouve pourtant assez fréquemment dans cette région.
On arrive au campement à 15h. C´est déjà un plus aménagé. On y trouve un musée et un immense restaurant. Ça change de la tente. Grand repas pour Noël. Pas de cuy au chocolat, mais une pizza, des crudités, des pâtes, du boeuf avec du riz et de la gelée. Excellent. Poker et ensuite il est temps de dire au revoir à nos porteurs qui n´ont pas le droit d´accès au site du Machu-Picchu. On les remercie et on leur laisse un bon pourboire, qui les laissent apparamment plutôt satisfaits. Le poker se prolonge jusqu´à 22h et puis au lit. Demain, c´est le grand jour.
Quatrième et dernier jour, le 26 décembre. Le Machu-Picchu (qu´on appelle familièrement Picachu). Réveil à 4h, sans maté cette fois. Dur, dur. J´ai super mal au bide, je crois que la "turista" s´attaque encore à mes pauvres intestins. Autant vous dire que le petit déjeuner se limite à un maté de coca, connu pour ses propriétés curatives et conseillé pour soigner le système digestif. A 5h on fait la queue à l´entrée du site, à une heure et demi de la "puerta del sol" (Porte du Soleil) qui domine le Machu-Picchu. Tout l´intérêt de se lever tôt est de voir le lever du soleil depuis la Porte du Soleil. Les rayons passent dans la porte et illuminent le Machu-Picchu. A 5h20, le site ouvre et les "gringos" se ruent à l´attaque de la montagne pour arriver les premiers au sommet, à la Porte du Soleil. Carole prend un départ magnifique et saute gaiement de marche en marche à un rythme effrenné, tel un gracieux lama avec un sac à dos. Je traîne derrière, canard boiteux, la "turista" tourmente toujours mes entrailles. Les marches n´arrangent rien. J´arrive finalement à la Porte du Soleil pour y trouver nos deux amis Hollandais (premiers arrivés) Carole et quelques autres touristes qui attendent leur guide. Le spectacle est...voilé. Avais-je précisé qu´il pleuvait depuis le début ? Non ? Ah, ben dommage. Pas de soleil donc, et pas de Machu-Picchu, bien caché derrière ses draps de nuages. Jeff (le Canadien) et le guide nous rejoignent et on descend pour visiter le site.
C´est un très grand site, bien conservé, accroché à la montagne (pas de maison bleue en vue, même si on y vient à pied aussi) au milieu de la jungle. Le guide nous fait la visite. Je n´écoute/comprends rien, trop fatigué et malade. Je n´attends qu´une chose, les toilettes. La visite dure jusqu´à 9h. Entre temps, je me sens mieux et je m´imprègne vraiment des lieux. On prend quelques photos d´un pont Inca à côté et c´est déjà l´heure de se mettre en route pour Aguas Calientes, d´où nous prendrons un train qui nous ramènera à Cusco. Je le baptise "l´Inca Train" en référence à toute cette expédition "l´Inca Trail" en anglais. Malade de nouveau, je craque dans la descente d´une heure qui nous sépare le Macchu-Picchu d´Aguas Calientes, et je fais une offrande à la Pachamama (la Terre Mère Inca) et je donne de moi-même. Ça fait du bien. Une vraie communion avec la nature. C´est pas "caca dans la forêt" comme dirait mon frère Yves, se remémorant ses souvenirs de scouts, mais plutôt "bouse dans la jungle". Mes genoux me font souffrir à chaque marche et me donnent une dégaine de cowboy. Désolé pour les détails mais ça fait partie de l´aventure. Ce fut, de loin, la journée la plus dure pour moi. Arrivés à Aguas Calientes on se fait un petit restaurant (je vais beaucoup mieux) et on file à la gare pour prendre le train.
Là, c´est comique. Le guide, qui nous avait quitté au Machu-Picchu à 9h nous dit qu´il n´a pas pu réserver le train. En théorie, c´était inclu depuis le début. J´étais persuadé que l´agence avait réservé nos billets depuis le jour où on a payé, une semaine auparavant. Le guide nous demande 20$ de plus chacun puisque nous allons prendre le train en "Inca Class" pour les touristes nantis, vu que le train normal est complet. Super ! On gueule encore. On obtient un mot du guide, qui confirme notre paiement par écrit afin que nous puissions nous faire rembourser à Cusco. Le trajet en train dure 3 heures. On a tous des sièges éloignés les uns des autres. Carole, Jeff et Pieter sont dans une voiture, moi et Renze dans une autre. Normal quand on achète les billets au dernier moment ! Heureusement l´Inca Class c´est vraiment bien. On nous sert un goûter et l´hotesse, qui avais-je remarqué, était fort mignonne, se trouve être un mannequin. Elle et le stew, nous font un défiler de mode, avec musique et tout, pour vendre (non pas de la lingerie à mon grand dam) mais des pulls en Alpaca. Evidemment, c´est Carole qui a l´appareil photo! Désolé. Ce fut bien sympa quand même.
A notre arrivée à Cusco, nous sommes accueillis par deux types de l´agence, qui loin de s´excuser pour les désagréments causés par le délai du premier jour et le contre-temps du train, essayent de ne pas nous rembourser nos 20$ ! Encore une fois, on gueule. Ils font preuve de mauvaise fois et je commence à bouillir. J´énumère les problèmes qu´on a eu et je refuse catégoriquement de leur remettre le mot du guide tant qu´il ne nous ont pas remboursés. On "discute" au moins 20mins et comme je n´en démords pas (soutenu par Carole et Jeff) on fini par avoir nos 20$. Du jamais vu ! On a payé 210$ (qu´on a du négocier) chacun pour l´expédition, Jeff avait payé 250$ et les deux Hollandais 220$ chacun bien qu´ils auraient du bénéficier du tarif étudiant, et l´agence rechigne à cracher 20$, qu´on aurait jamais du payer !!! On a filé au restaurant pour se calmer. Si vous faites l´Inca Trail, ne le faites pas avec "Landscape Tour" le service est pourri.
Aujourd´hui, après une bonne nuit de sommeil, on file visiter les ruines autour de Cusco. On avait payé un ticket nous donnant accès à plusieurs site et il faut le rentabiliser. On à donc fait, Tambomachay, Puka Pukara et Q´enqo, sous le soleil. La grêle n´est tombée qu´à la fin, quand nous étions à l´abri dans le bus. On vient juste de négocier une visite gratuite avec l´agence qui nous a vendu l´Inca Trail pour demain. C´est la visite de la Vallée Sacrée qu´on avait annulé avant l´Inca Trail. Nous avons aussi acheté le ticket de bus pour Arequipa, pour demain soir à 21h. On passe la nuit dans le bus et nous devrions arriver vers 6h du matin.
Voilà pour la grande aventure. Désolé pour la longueur, mais vous l´aurez compris il y a beaucoup à dire et le blog va me permettre de rafraîchir ma mémoire défaillante. C´est donc aussi un peu pour moi que j´écris autant. A bientôt tout le monde.